Souvenir, souvenir : intervention de Patrick TRANNOY à la fête de l’Humanité, le 17 sept. 2006Le Parti Communiste m’avait aimablement proposé, en tant que Secrétaire National du MRC, de débattre avec Patrice COHEN-SEAT (PCF), Henri EMMANUELLI (PS), Alain KRIVINE (LCR), et Anne-Marie BILLOTET (Verts) ce matin du 17 septembre 2006. J’ai invité les participants à se rassembler autour d’un axe politique clair, qui permettrait non seulement une victoire de la gauche, mais une victoire dans la durée. Voici à peu près le message que j’ai porté, au nom du MRC.
Chers camarades,
Le MRC a un objectif pour les élections de 2007 : faire gagner la gauche, mais une gauche qui ne trahit pas le peuple. Car la gauche a déçu, elle a déçu en 1983, avec le "tournant de la rigueur" ; elle a déçu en 1999-2000, sous Lionel Jospin, avec les privatisations, la non intervention de l’Etat dans les dossiers industriels (ça donne Michelin : "l’Etat ne peut pas tout"), avec la Corse, Barcelone, etc. Alors, est-ce que ce serait un progrès de faire gagner la gauche, si c’était pour avoir la même politique ? Ce serait surtout, je crois, une étape supplémentaire dans l’escalade du désespoir populaire. Symétriquement, je veux poser une autre question, notamment à Alain (KRIVINE) : à quoi servirait-il de se borner à la contestation, de se retrancher dans une Tour d’Ivoire supposée idéologiquement pure, sans se confronter à la responsabilité des affaires du pays ? Ce serait se limiter à des mots, qui ne changent pas véritablement la réalité de la vie des Françaises et des Français. Entre ces deux écueils, il y a un chemin. Celui de l’action républicaine, d’un gouvernement qui ne subisse pas des mouvements qui lui échappent, mais qui traduise en acte le resaisissement par le peuple de son destin. Pour cela, il ne suffit pas, Henri (EMMANUELLI), d’en appeler comme tu viens en quelque sorte de le faire, au vote utile. Il ne suffit même pas, comme Patrice (COHEN SEAT) l’a fait à l’instant, de proposer des objectifs (même si j’y souscris). Il faut se mettre d’accord sur un axe politique autour duquel construire l’action gouvernementale dans la durée. Il faut que nous décidions d’actionner ensemble le même levier face à la mondialisation néo-libérale. Ce levier, c’est celui de la puissance publique. Il n’est pas contradictoire avec l’importance du mouvement social. Mais sans la puissance publique, sans la politique monétaire, comment résister à l’hégémonie du Dollar, qui permet aux Etats-Unis de capter les richesses du monde ? Sans la puissance publique, comment jouer sur le levier fiscal pour plus de justice ? Sans la puissance publique, comment protéger notre économie et lutter contre les délocalisations ? Sans la puissance publique, comment faire progresser l’égalité sociale et spatiale, et l’aménagement du territoire, via les services publics ? Bref, la gauche doit réhabiliter la puissance publique. Cela suppose de se mettre d’accord sur son cadre, et sur sa substance. Son cadre : qui peut croire que c’est au niveau des régions (même Poitou-Charentes !), que l’on va lutter efficacement contre la déferlante néo-libérale ? La gauche doit s’opposer au démantèlement de l’Etat républicain, qu’on appelle parfois la "décentralisation". Elle doit refuser aussi la dillution de cet Etat dans un magma européen castrateur : Bruxelles, ce n’est pas le contre-poids des Etats-Unis en Europe, c’est, comme dit Jean-Yves AUTEXIER, le chausse-pied de la mondialisation néo-libérale sur notre continent ! Alors le cadre, c’est la France. C’est l’Etat-Nation, et je voudrais que la gauche soit fière de son pays, de la Nation, de l’Etat républicain, qui, je le rappelle, a été sauvé et relevé par la résistance - notamment la résistance communiste. La substance : c’est la citoyenneté, la République. Parce qu’il ne suffit pas d’être gouverné en France. Il faut être gouverné par les citoyens de France. Cela suppose de relever la démocratie et la citoyenneté, en un mot la République. Relever la démocratie, c’est soigner une démocratie représentative malade au point qu’aujourd’hui, le Parlement est littéralement squatté par 90% de députés et sénateurs qui étaient favorable au OUI au TCE, donc qui représentent seulement 45% des Français ! Il faut changer les règles d’élections des députés et des sénateurs ! Relever la démocratie, c’est nous permettre de débattre, à travers une presse libérée des tutelles financières et de la mainmise des sphères du pouvoir. Relever la démocratie, c’est permettre aux citoyens de se faire une idée, de comprendre, de participer à la définition de l’intérêt général, de défendre leur point de vue... et pour cela, il faut relever l’Ecole de la République ! Relever la citoyenneté, c’est enfin rejeter le communautarisme. Voulez-vous d’une société dans laquelle blacks, blancs, beurs, jaunes, se battent non pas tous ensemble pour plus de justice, mais les uns contre les autres pour se partager les miettes laissées par l’actionnariat mondialisé ? La gauche doit opposer la laïcité au communautarisme, une laïcité qui, je le rappelle, a été conquise par la gauche, contre les obscurantismes. Voilà chers camarades : la gauche pourra gagner et ne pas trahir si elle se reconstruit autour d’un axe politique clair, la réhabilitation de la puissance publique, la défense de son cadre (la France), de sa substance (la République), et c’est pourquoi je suis fier de représenter ici la gauche patriotique, internationaliste, républicaine, rassemblée derrière Jean-Pierre CHEVENEMENT et Georges SARRE. C’est une gauche qui offre une opposition construite à la droite extrême de Nicolas SARKOZY, une opposition que je crois, à terme, plus efficace que le blairisme - que j’observe parfois ici, et que le maximalisme incantatoire - que j’entends parfois là./ Lundi 8 Mars 2010
Patrick TRANNOY
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