Pas de solution au problème des retraites sans changement radical de politique macro-économique
Comment faire face à un déficit du système de retraites par répartition qui pourrait atteindre 70 à 100 Md d'Euros en 2050 ?
Le gouvernement a fait connaître son choix : augmenter la durée des cotisations et reculer l'âge légal de départ à la retraite. Comme nous l'indiquions ici dès le début du "débat", ce choix repose sur une supercherie, puisque le sous-emploi des seniors fait rimer allongement de la durée des cotisations avec retraite partielle, donc diminution du montant des retraites, et, pour certains seulement, anticipation et compensation par la capitalisation... Voilà d'ailleurs le choix gouvernemental réel, dissimulé derrière une augmentation largement virtuelle de la durée de cotisations. Un choix très en phase avec les revendications du MEDEF, même si le gouvernement s'y déclare officiellement opposé, dans un contexte de tempête sur les marchés financiers, qui rend l'option plus contestable que jamais. Le PS vient lui aussi de faire paraître son projet. Il est intéressant, notamment pour les pistes qu'il avance, permettant d'élargir l'assiette des cotisations retraites aux revenus du capital. Il sera permis d'être plus dubitatif sur la retraite à la carte, dont on voit bien qu'elle risque vite de se traduire par une diminution des pensions de ceux qui ne "choisiraient pas" de poursuivre leur activité au-delà de l'âge légal et de la durée de cotisations permettant de percevoir une retraite à taux plein... Surtout, le gouvernement, comme le PS, sont assez dramatiquement silencieux sur le ressort essentiel de l'enjeu : l'emploi ! Bien sûr, nos camarades socialiste affirment qu' "augmenter le taux d’emploi des seniors est indispensable pour la viabilité du système de retraite" . Plus globalement, le PS pointe du doigt l'enjeu essentiel de l'amélioration du taux d'emploi. Mais au chapitre des solutions avancées à cette fin, on reste... sur sa faim. "Accompagnement des salariés tout au long de la vie", "tutorat", "bonus-malus", amélioration de l'activité de "Pôle Emploi"... Tout cela est bel et bon. Mais quid de l'équilibre de sous-emploi des économies européennes ? Comment le pallier ? Silence radio... Nos amis vont même jusqu'à écrire : "à partir de 2012, de nouvelles ressources sont nécessaires. Nous espérons alors être sortis de la crise". Le volontarisme politique consisterait-il donc à "espérer" ? On aurait souhaité que l'audace salutaire du PS pour programmer la ponction de 25 Milliards d'Euros de revenus du capital au service du financement des retraites en 2025 soit aussi de mise pour envisager la relance de la production et de l'emploi en France et en Europe. Le retour vers un taux de chômage supportable, de l'ordre de 5%, engendrerait quelque 15 Milliards d'Euros de cotisations retraites supplémentaires. Il permettrait aussi de transférer vers le financement des retraites les cotisations dévolues à l'indemnisation de ces chômeurs, soit à peu près la même somme. Le retour à un taux de chômage supportable règle donc au moins la moitié du "problème" des retraites. Pour l'autre moitié, les propositions socialistes de mise à contribution des revenus du capital sont suffisantes. Pas sûr qu'il faille, en revanche, augmenter les cotisations, dans une période où la compétitivité de l'usine France est en chute libre dans un monde libéralisé. Comment parvenir à ce taux de chômage supportable ? A l'évidence, en changeant radicalement de politique macro-économique, en France et en Europe. Il est urgent de rendre notre politique monétaire accomodante à l'investissement productif, à la croissance soutenable et à l'emploi. Il est urgent de relancer l'économie européenne et ses facteurs de croissance endogène (recherche, formation, infrastructures de transports et de communication, etc.), par exemple avec un grand emprunt européen au service d'une grande politique de recherche, universitaire et de grands travaux. Il est urgent enfin de remettre en cause le libre-échange, et son cortège de délocalisations, fermetures d'usines et d'exploitations agricoles, chômage... Allez, camarades socialistes, encore un effort ! Jeudi 20 Mai 2010
Patrick TRANNOY
Dans la même rubrique :
Retraites : descendons dans la rue ! - 27/05/2010Souvenir, souvenir : intervention de Patrick TRANNOY à la fête de l’Humanité, le 17 sept. 2006 - 08/03/2010O.M.C. et U.E. contre l'agriculture française - 15/11/2009Des voix s’élèvent déjà contre Van Rompuy ! - 19/11/2009
Commenter ? C'est simple comme un clic !
|
Tags
agriculture
Allemagne
APF
Brive
Cap à Gauche
Chevènement
chômage
Cohn-Bendit
Corrèze
crise
Denanot
dumping
délocalisation
euro
Europe
front de gauche
gauche
Grèce
Hollande
industrie
Jospin
laïcité
libre échange
Limousin
Maghreb
Mitterrand
MRC
OMC
Paris
protectionnisme
PS
retraites
Sarre
Sciences Po
taxe carbone
Trannoy
Van Rompuy
école
économie
élections régionales
Pour recevoir la lettre électronique
Derniers commentaires
Mes liens
|
|
Blog de Patrick TRANNOY, Mouvement Républicain & Citoyen
En Corrèze : Le Peuch de la Brande 19500 Jugeals-Nazareth - A Paris : 3 rue des grands champs 75020 |
|

Facebook
Google
MySpace
Twitter
Retraites : descendons dans la rue !