Discours de Brive : accomplir la mission historique de la gauche
Mesdames, Messieurs, Citoyennes, citoyens,
comme on dit chez les Républicains : « salut, et fraternité ! », Vous le savez, les Républicains de gauche du Mouvement Républicain et Citoyen, les socialistes (du PS et des Jeunes Socialistes), les radicaux de gauche, et dans notre région, les communistes ADS et les écologistes du MEL ont décidé d’aborder unis ces élections régionales. Nécessaire face à la crise et face à la droite - qui ont le même code génétique : le néo-libéralisme – cette union a été rendue possible, notamment en Limousin, par le bilan de l’équipe Denanot, un bilan qui met en confiance, et par nos convergences de fond sur le projet. Elle a aussi été rendue possible parce que les uns et les autres, à tous les niveaux, ont su prendre leurs responsabilités, et je sais le rôle constructif qu’ont joué François Hollande, Jean-Pierre Chevènement, Martine Aubry, Georges Sarre, Philippe Nauche et Patricia Bordas, sans oublier, évidemment, celui qui est à la fois le sélectionneur et le capitaine de l’équipe régionale, et à qui revient donc la difficulté et le mérite de l’unité : Jean-Paul Denanot. A titre personnel, je suis bien évidemment touché de la confiance qui m’est faite, et que je tâcherai d’honorer, si les citoyennes et les citoyens nous donnent mandat de poursuivre et d’amplifier les réussites régionales de l’équipe Denanot, en représentant l’intérêt général, et la sensibilité républicaine dans l’assemblée régionale, dont, d’après ce que des camarades ont calculé, je pourrais être le benjamin. Mais ne nous trompons pas. Ce qui se joue en 2010, en 2011, et en 2012, c’est bien plus que des destins individuels, qu’ils soient modestes comme le mien ou au sommet de l’Etat, comme celui qu’on peut souhaiter à François Hollande ; c’est tout simplement, la capacité qu’aura ou non la gauche d’être au grand rendez-vous de l’Histoire. Ce grand rendez-vous ne s’arrête d’ailleurs pas en 2012, car si nous parvenons à l’alternance politique, encore faudra-t-il réussir l’alternative et ne pas décevoir le peuple, qui a pu, parfois, trouver des raisons de se détourner de nous… Ce qui se joue, j’en ai la conviction, c’est notre capacité à accomplir la mission historique de la gauche, et c’est dans cet esprit que les Républicains que nous sommes s’engagent avec force dans un processus de rassemblement. Autour de quelles idées ? D’abord, perpétuer l’esprit des Lumières et de la Révolution Française ; ensuite, rassembler la majorité sociale du pays. - Perpétuer l’esprit des Lumières,
c’est se battre, encore, toujours, pour l’émancipation de l’individu, la liberté, l’usage de la raison la laïcité, la citoyenneté.
C’est ainsi faire, d’abord, le « pari sur l’intelligence »… C’est défendre l’Ecole de la République ; ce n’est pas sans lien avec les politiques régionales : regardez ce qu’a fait et ce que propose l’équipe Denanot pour créer de bonnes conditions d’instruction au lycée, à l’Université, en apprentissage, en formation continue… La politique de l’équipe Denanot, c’est ça : le Limousin est une région où l’on étudie, où l’on se forme, dans de bonnes conditions, grâce au Conseil Régional, et malgré le désengagement de l’Etat, dont témoigne encore la prochaine carte scolaire, et son cortège de suppressions de postes. « Le pari sur l’intelligence », c’est essentiel, et je sais, par exemple, l’importance qu’a eu dans mon enfance briviste, l’accès à une bibliothèque de qualité, construite par Jean Charbonnel. L’Ecole, nous devons la défendre, et pas la dénigrer. Et je le dis, sans vouloir créer de polémiques indépassables, je suis choqué des propos de Cohn Bendit (Gaby, le président des « amis d’Europe Ecologie »), tenus le 9 janvier dernier à Nanterre, contre l’Ecole, contre les enseignants. Il a dit « je ne serai jamais de ceux qui disent que les enseignants sont des gens formidables ». Il n’a pas rencontré ces transmetteurs de savoir, ces formateurs de l’esprit libre, ces Louis Puydebois, Michèle Rémy, Henriette Cassaing, Sabine Fichter, Franck Bellier, Pierre et Lisette Dumoulin, Roseline Hutois, Jacqueline Leyfargues, Martine Thuillier, Marilène Bourg, pour ne citer que des Brivistes auxquels je dois tant, et dont je me souviens très bien, du primaire au lycée… Il ne les a pas rencontrés, ou il est de mauvaise foi. Quand il ajoute en particulier « cette école crée des nationalismes ». Il devrait relire Romain Gary, qui l’empêcherait de confondre nationalisme et patriotisme : « le patriotisme -disait Gary- c’est aimer son pays, le nationalisme c’est détester les autres » ; c’est tout à fait autre chose. Cohn-Bendit poursuit, « l’Ecole devrait accueillir le petit avec sa kippa, et la petite avec son voile ». On nage en plein communautarisme. Il conclut d’ailleurs « j’en ai marre des Républicains (rassure-toi, Gaby, c’est réciproque !) ; je n’aime pas mon pays ». Et bien ça, je le dis, ce n’est pas la gauche. En tous cas pas celle qui vient de Jaurès, dont je rappelle qu’il disait « à celui qui n’a plus rien, la patrie est son seul bien ». Et je me souviens que les résistants, notamment communistes, je pense en particulier à Elie Dupuy, que j’ai eu la chance de bien connaître dans ma jeunesse, ne disaient pas autre chose. Je ne sais pas comment ils prendraient, aujourd’hui, l’alliance du Parti Communiste Français avec l’extrême gauche NPA… Nous sommes, quant à nous, la gauche rassemblée dans l’héritage des Lumières, et de la Révolution Française : nous défendons la raison, l’émancipation individuelle, l’Ecole, la laïcité, la citoyenneté, le patriotisme, l’internationalisme ! Nous sommes aussi la gauche qui, fidèle à son héritage socialiste, cherche à - rassembler la majorité sociale du pays
et à la transformer, pour reprendre cette formule très profonde de François Mitterrand, en majorité politique.
Face aux prédateurs de la finance mondialisée, face à ces nouveaux rentiers, qui ne travaillent pas, qui ne se sentent liés par aucune solidarité, qui n’ont pas de territoire, pas de concitoyens, que des objectifs de rentabilité immédiate et à deux chiffres, il nous revient de défendre le monde du travail. C’est-à-dire le salarié du privé, bien sûr, mais aussi le fonctionnaire, celui qui cherche un emploi, le retraité, le petit entrepreneur, l’artisan, le commerçant, le paysan ! Tous ceux-là, entre lesquels la droite et l’extrême gauche voudraient cultiver des antagonismes archaïques, ceux-là forment le monde du travail, ils vivent de ce qu’ils produisent, et ils subissent la prédation des actionnaires, des grands donneurs d’ordre, et des barons de la finance ! La encore le lien est clair avec les politiques régionales : quand j’entends, du côté du NPA, que Jean-Paul DENANOT aurait tort de prêter main forte, et de prêter de l’argent, aux entreprises en difficulté du Limousin, comme Bernardaud ou SONAS, au motif que l’argent public ne devrait pas avoir partie liée avec des intérêts privés, je me demande qui est de gauche ! Car à quoi revient cette posture du NPA ? A laisser le marché décider de tout en attendant le grand soir ! A laisser ses aléas erratiques, sa courte vue, dicter totalement leur loi ! A laisser détruire l’emploi sans réagir… Nous défendons le monde du travail, toute cette majorité sociale qui entreprend et qui produit, parce que c’est l’intérêt de nos territoires et des femmes et des hommes qui y habitent ! Nous les défendrons, à l’échelle régionale, avec le fond d’épargne garanti, qui drainera le bas de laine des aînés directement vers l’emploi des enfants ! Nous les défendons, avec les 110 projets pour les jeunes ! Nous les défendons, avec les pôles de compétitivité, les avances aux entreprises, conditionnées à l’emploi, et le soutien aux commerçants, aux artisans, aux paysans ! Nous défendons aussi la majorité sociale contre une certaine forme d’élitisme écologique. Vous n’entendrez pas les colistiers de Limousin Terre d’Avenir se réjouir de la hausse du gaz de 10% en avril ! Nous n’interdisons pas, au nom de je ne sais quel messianisme de l’apocalypse environnementale, aux travailleurs d’aller travailler, aux producteurs de produire, aux hommes et aux femmes de respirer (parce que ça aussi, ça pollue) ! Mais bien sûr, nous agissons, pour mener de pair progrès environnemental et progrès social, en faveur les énergies renouvelables, pour l’agriculture de qualité, pour les transports en commun, pour la substitution du fer à la route, et à cet égard, les véritables défenseurs de la qualité de l’air défendent le train, le train de proximité, ET le train à grande vitesse ! Bref, nous ne divisons pas les travailleurs, nous ne divisons pas les citoyens, nous cherchons à les rassembler, sur la voie du progrès républicain, économique, social et environnemental. Perpétuer l’héritage des Lumières, rassembler la majorité sociale du pays, redonner confiance dans le progrès républicain, économique, social et environnemental, j’ai vraiment l’impression que nous sommes, ainsi, fidèles à la vocation de la gauche, et c’est quand nous sommes fidèles à nous-mêmes, que le peuple retrouve la confiance et l’espoir. Le 14 mars, car c’est là que tout se joue, les femmes et les hommes de gauche, et au-delà, les citoyens progressistes, les républicaines et les républicains, choisiront donc de voter pour le progrès, pour que le Limousin soit une terre d’avenir, pour que la France soit une terre d’avenir ; ils voteront pour LE candidat républicain : Jean-Paul Denanot./ Samedi 27 Février 2010
Patrick TRANNOY
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