Cantonales Brive - Meeting du 10 mars avec François HOLLANDE et Philippe NAUCHE, mon intervention.Le département et la Nation, cadres historiques de la citoyenneté depuis la Révolution
Mesdames, Messieurs,
Citoyennes, Citoyens, Chers camarades, et chers amis, Nous sommes peut-être à quelques jours des dernières élections cantonales… Dernières, si la contre-réforme territoriale entre en vigueur ; c’est-à-dire si, en 2012, restent au gouvernement de la France ceux qui ont pour objectif de concasser l’Etat-Nation et ses départements. Quel est leur but ? Faire reculer le politique, c’est-à-dire le pouvoir du peuple, en supprimant les cadres historiques de l’exercice de la citoyenneté, pour la diluer dans une bouillie régionalisée et mondialisée, à la sauce néo-libérale. C’est la nouvelle « gouvernance ». Le néologisme en dit long : pour que le citoyen ne gouverne plus, les élites « gouvernancent » ailleurs, à sa place ! Face aux bradeurs de la France et de son organisation administrative, soyons, par notre mobilisation, notre participation massive à ces élections cantonales, des empêcheurs de « gouvernancer » en rond ! Et opposons la seule réponse qui vaille, à ceux qui sont candidats à un mandat qu’ils veulent supprimer : aidons-les, pour ce qui les concerne personnellement, à prendre trois ans d’avance sur leur dessein : débarrassons-les, dès les 20 et 27 mars prochains, de leur mandat de conseiller général ! Alors que le département -issu de la Révolution Française, cadre historique d’exercice de l’égalité républicaine qui doit prévaloir à l’échelle de la France, une et indivisible- est dans le collimateur, cette élection cantonale est, plus que jamais, un enjeu départemental. Un seul siège d'avance...
C’est d’autant plus vrai ici, en Corrèze, que la majorité départementale conduite par François Hollande n’a qu’un siège d’avance. Nous sommes confiants dans le verdict des urnes : la personnalité du Président du Conseil Général, son bilan de trois ans d’action, et les perspectives d’avenir qu’il trace pour notre territoire, devraient, en toute logique, conduire à renforcer l’adhésion des citoyens à sa démarche. Mais un accident de parcours est vite arrivé, et si un seul canton devait flancher, tout pourrait alors s’effondrer.
Notre mission, avec Catherine Gabriel, et nous l’avons non seulement acceptée mais voulue, c’est donc de conquérir un canton de plus pour la majorité départementale. Et je crois, chers amis, que c’est faisable. Assez !
Depuis dix semaines, Catherine et moi allons à la rencontre de chacune et de chacun des citoyennes et des citoyens de ce canton. Beaucoup d’entre eux, heureusement, travaillent et nous ne pouvons que leur signaler, par une carte de visite, notre passage et notre disponibilité. Mais beaucoup nous ouvrent, et nous pouvons avoir un échange, même bref. Nous sommes plus que jamais convaincus, à l’issue de cette démarche, que les citoyens de ce canton en ont assez.
Assez d’être ignorés par un conseiller général absent, inattentif et insensible à leurs situations. Assez de subir une baisse continue du pouvoir d’achat. Assez de constater que les jeunes auront, souvent, plus de difficultés que leurs parents pour accéder à un emploi stable et construire leur vie. Assez de l’angoisse de vieillir sans avoir les moyens, notamment financiers, de s’assumer jusqu’au bout. Assez d’être gouvernés par ces sarkozystes qui cherchent en permanence à dresser des Français contre d’autres, les fonctionnaires contre les salariés du privé, les salariés contre les entrepreneurs, les chômeurs contre ceux qui se lèvent tôt, les blancs contre les beurs ou les noirs, et pourquoi pas, demain, les blonds contre les bruns ?! D’ailleurs, comme son maître, notre sortant sarkozyste cantonal dresse les Brivistes du centre contre ceux des « extrémités », je cite. Proposer des réponses
A tous ceux qui en ont assez, nous proposons des réponses. Un conseiller général et sa suppléante travailleurs, enthousiastes, et sensibles à leurs besoins.
Une politique départementale qui stimule l’emploi et qui ne grève pas le pouvoir d’achat des contribuables. Un soutien à l’autonomie des jeunes, avec un équilibre entre les droits et les devoirs proposés. Une présence humaine et technologique renforcée auprès de tous nos aînés… Un morale, une morale républicaine, qui consiste à rechercher l’intérêt commun des citoyens, l’intérêt général de la France et de ses territoires. Cette démarche, nous l’avons en commun avec Michel Da Cunha, dont l’amitié et le soutien me sont précieux, et qui est un exemple pour qui veut, comme moi, exercer dignement la mission de conseiller général. Oui, nous proposons le contraire du sortant sarkozyste : en finir avec la flemme, avec le mépris, l’argent public dilapidé, la jeunesse sacrifiée, le bien vieillir réservé aux plus nantis et la politique conçue comme un jeu de revanche et de conquêtes nombrilistes ! Nous proposons aux citoyens de nous battre au quotidien, en considérant, comme me l’a appris mon ami Georges Sarre, que les problèmes de chaque parent qui peine à faire garder son enfant, la facture de gaz de chaque ménage pour qui « ça coince », la formation ou l’emploi que n’a pas pu décrocher chaque jeune qui galère, les moisissures de chaque logement trop humide, ou encore le rendez-vous médical que chacun peut peiner à obtenir dans des délais rapides, chacun de ces problèmes est un problème politique, chacun de ces problèmes est important, chacun de ces problèmes doit mobiliser l’énergie de l’élu. Nous proposons aux citoyens de nous battre au quotidien pour les projets structurants ; pour que, par exemple, la gare multimodale se construise enfin sous nos yeux, et autour d’elle un quartier accueillant, aux activités attractives. Pour que la gare devienne, sans jeu de mots, la locomotive économique du quartier et de la ville, en complément du carrefour autoroutier. Un complément digne du XXIe siècle, de ses contraintes et des aspirations qui s’y expriment, notamment au plan environnemental. Nous vous proposons de nous battre pour améliorer les conditions de logement, réhabiliter et repeupler les logements anciens, vacants. Car c’est la condition numéro un de la revitalisation, notamment commerciale du centre ville. La partie sera difficile. Plusieurs institutions devront coopérer. Il faudra engager des dialogues constructifs et fermes à la fois avec certains propriétaires. C’est la noblesse de l’action publique ! Il faudra du caractère, dont De Gaulle disait qu’il est « la vertu des temps difficiles ». Nous proposons une vision pour Brive, cette agglomération si importante dans le département et au-delà : grâce à Philippe Nauche, Brive a retrouvé l’ambition de l’attractivité et du développement, et nous sommes candidats pour que le cœur de Brive soit à l’avant-garde de ce nouvel horizon. Un cœur culturel et patrimonial, sportif, commercial, un vrai cœur démographique, un cœur qui bat dans une métropole vivante. Soutenus par le Maire et une majorité d'élus municipaux, mais candidats aux cantonales dans le département
Et pourtant, cette élection n’est pas « brivo-briviste », n’en déplaise à certains qui voudraient en faire un remake ou une revanche des municipales de 2008.
Entendons-nous. Je ne fuis pas le débat sur la politique municipale. Je soutiens –et je le revendique- l’action de Philippe Nauche et de sa majorité, toute sa majorité. Je suis heureux d’avoir pour suppléante une adjointe de Philippe Nauche. Et quelle adjointe ; et quelle suppléante ! Loyale, intelligente, attentive, travailleuse. Catherine, rien que pour avoir eu l’honneur et le bonheur de faire tandem avec toi, je referais cette campagne si c’était à refaire, quoi qu’il arrive les 20 et 27 mars. Je ne suis pas élu municipal, mais je me reconnais, moi aussi, dans la majorité municipale, et je remercie les élus municipaux, si nombreux, qui nous soutiennent. Au premier rang d’entre eux, je suis ému et fier du soutien que m’apporte Philippe Nauche, dès le premier tour, lui sans lequel je ne me serais peut-être pas engagé en politique… en ce début de 1997… C’était pour le soutenir dans sa campagne législative. Je croyais dur comme fer à sa victoire, parce que je la désirais si ardemment que je n’imaginais pas qu’il en fût autrement pour une majorité de citoyens. Certains avaient dit « ça marchera pas ». Et « ça a marché ». Aucune victoire ne nous est interdite, chers amis et camarades. Pas même aux cantonales à Brive Centre ! Nous n’avons donc pas fui, disais-je, le débat municipal. Mais je ne suis pas, pour ma part, un obsédé du rétro-viseur. Un traumatisé de 2008. Un impatient de 2014. Non, pendant toute cette campagne et jusqu’au bout, nous avons parlé et nous parlerons, avec honnêteté intellectuelle et le plus de pédagogie possible, de l’élection cantonale et de l’enjeu départemental. 2012, l'alternative ?
Et puis l’an prochain, c’est 2012. Il faut se débarrasser de Nicolas Sarkozy, bien sûr. Il a mis un coup d’accélérateur inquiétant et indécent à la capitulation de la France républicaine et sociale, sa capitulation qui devient même zélée, devant l’ordre mondial sino-états-unien, néo-libéral, anti-civique et anti-social.
Il faut donc, oui, s’en débarrasser. Mais il ne faut pas l’alternance. Il faut l’alternative. La percée de Le Pen doit nous alerter sur la colère des citoyens, qui ne se satisferont pas qu’un camp chasse l’autre, si l’avenir reste bouché. Le moment est venu de « l’autre politique » : souveraineté du peuple, pari sur l’intelligence, politique industrielle volontariste, lutte contre le dumping social et environnemental à travers une politique monétaire et une réglementation commerciale maîtrisées, rééquilibrage capital-travail en faveur du travail, reconquête des services publics, etc. Nous en reparlerons. Nous en reparlerons, cher François, quand nous nous croiserons dans les couloirs du Conseil Général, bien sûr ! Et ailleurs aussi, si, comme je l’espère, les conditions peuvent être réunies pour que nous fassions durablement bloc. Je vous remercie./ Mercredi 9 Mars 2011
Patrick TRANNOY
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